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Par Bill Vass
Bonjour à tous nos fidèles lecteurs. Comme vous le savez sans doute, j'ai choisi de consacrer ces colonnes à l'évolution de la pile de composants technologiques que mettent en oeuvre les professionnels de l'informatique. C'est ainsi que je vous parlais le mois dernier du stockage et de l'ILM avec gestion d'identité intégrée. Je m'attacherai dans le mois qui vient à récapituler le débat sur les différents éléments constitutifs de cette pile.
Pour l'heure, je vous propose d'aborder le phénomène SaaS (Software as a Service, « le logiciel comme service »), ce nouveau modèle qui s'apprête à révolutionner la distribution de logiciels. Dans sa plus simple expression, le modèle SaaS consiste pour le client à recevoir des applications par Internet plutôt que d'acheter des logiciels et de les installer sur son infrastructure locale.
Étant donné l'immense vague d'intérêt récemment suscitée par SaaS, il n'est pas exagéré d'affirmer que ce modèle a d'ores et déjà remporté un grand succès dans de nombreux domaines. De très nombreux utilisateurs du Web l'exploitent depuis longtemps sous la forme de services tels que Google, Yahoo! ou eBay, mais ces services et bien d'autres liés au domaine de l'ERP font actuellement leur entrée dans l'entreprise. Au cas où certains douteraient encore de la réalité de SaaS, voici quelques chiffres...
Selon IDC, les dépenses relatives à SaaS auraient atteint 4,2 milliards de dollars en 2004, ce qui représente une augmentation annuelle de 39 %. IDC affirme en outre que, sur 500 organisations interrogées, 79 % avaient déjà acheté ou étaient en train d'étudier des offres SaaS. Et ce n'est pas tout : 65 % des entreprises de 100 à 10 000 employés estiment que SaaS influera sensiblement sur leur mode d'acquisition de logiciels dans l'année à venir.
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65 % des entreprises de 100 à 10 000 employés estiment que SaaS influera sensiblement sur leur mode d'acquisition de logiciels dans l'année à venir.
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Parmi les nombreux déclencheurs de cette immense vague d'intérêt pour SaaS, le plus décisif a été la croissance de la « grille de communication » — autrement dit l'omniprésence, la disponibilité et la rapidité de l'Internet. Mais si le développement d'Internet a rendu possible l'émergence du mouvement SaaS, d'autres phénomènes concomitants ont également joué un rôle dans son acceptation par le marché.
L'introduction en bourse réussie de sociétés telles que salesforce.com ou RightNow, le ralliement de grands éditeurs de logiciels comme Microsoft et Oracle, mais aussi une meilleure compréhension du modèle de la part des fournisseurs, des clients et des milieux financiers : tous ces facteurs ont contribué à la généralisation du SaaS.
Une croissance portée par une réelle pertinence économique
Comme pour bien d'autres technologies, la demande visant SaaS s'explique avant tout par la pertinence économique du modèle — c'est-à-dire son potentiel de réduction des coûts informatiques. SaaS permet en effet aux organisations d'implémenter et de maintenir à moindre coût leur infrastructure logicielle. Il leur garantit en outre une implémentation en continu des correctifs et des mises à jour, gérée et assumée financièrement par l'hébergeur. Enfin, le modèle SaaS réduit le travail d'implémentation tout en évacuant les risques afférents vers l'extérieur de l'entreprise.
Côté fournisseurs, SaaS est porté par sa capacité à favoriser l'innovation. Ce modèle permet aux acteurs du logiciel de proposer leurs services plus rapidement et d'atteindre plus vite un plus grand nombre de clients dans la mesure où le logiciel sous-jacent n'aura pas à franchir de longues et fastidieuses phases de déploiement et d'optimisation. Suivant l'approche classique, il fallait d'abord assembler un logiciel, puis le tester et le distribuer avant de l'exploiter. Avec SaaS, les fournisseurs n'ont qu'à générer le logiciel pour que les clients puissent l'utiliser.
Il suffit pour s'en convaincre de penser à salesforce.com, une entreprise fondée en 1999 qui a déjà mis en ligne 20 versions successives de sa solution CRM — ce qui serait impensable et irréalisable si le client devait acheter et installer chacune de ces mises à jour.
Mais comme je le soulignais au début de cet article, SaaS n'a rien d'une nouveauté. Cela fait déjà un certain temps que des logiciels sont consommés sous forme de services. Chaque fois qu'un utilisateur se connecte à Yahoo! Mail ou à Google, il bénéficie d'une prestation SaaS produite par d'immenses grilles de calcul opérant en arrière-plan. Ce qui revient à dire que, dans le monde entier, des multitudes d'utilisateurs exploitent d'ores et déjà le modèle SaaS.
Prochaine étape pour SaaS : l'entreprise
De la même façon, le commerce en ligne est disponible depuis un certain temps déjà en tant que service, et de nombreux exemples de cette forme de commerce soulignent l'intérêt d'associer SaaS avec une architecture orientée services (SOA). Ainsi, il existe actuellement une connexion au moteur de vente en ligne d'Amazon utilisée par de nombreux libraires indépendants pour présenter leur marchandise sur le site marchand d'Amazon. eBay a rencontré un tel succès dans la fourniture de logiciel en tant que service qu'une communauté entrepreneuriale entière s'est développée autour du frontal SOA de façon à ouvrir le site à des sociétés de vente aux enchères indépendantes.
La prochaine étape pour SaaS est donc l'entreprise. Pour l'heure, rares sont les DSI qui envisageraient par exemple d'implémenter un système ERP sous la forme d'un service. La réalité montre cependant que certaines entreprises le font déjà — et les résultats sont au rendez-vous. La méthode traditionnelle consistant à acheter, installer, héberger, exploiter et faire évoluer de grands systèmes ERP et CRM est tout simplement devenue désuète. Tandis que le SaaS offre ici des avantages incontestables :
- Investissement logiciel réduit
- Déploiement accéléré
- Possibilité de recentrer les ressources informatiques sur le cœur de métier de l'entreprise
À l'avenir, les entreprises n'auront qu'à exploiter des myriades de services fournis via l'Internet pour se composer un grand système d'entreprise. C'est d'ailleurs déjà le cas chez Sun : notre gestion des ressources humaines et notre ERP nous sont fournis sous la forme de services par notre partenaire Hewitt Associates.
Penchons-nous un instant sur quelques organisations et technologies annonçant l'arrivée en masse du SaaS dans l'entreprise.
Oracle On Demand, ou comment muscler le SaaS
Dans le monde du logiciel d'entreprise, Oracle fait figure de géant. Aussi la décision de l'éditeur de proposer une version à la demande de sa suite logicielle est-elle perçue comme le signe incontestable d'une prochaine généralisation du SaaS. Exécuté sur une vaste grille de calcul, Oracle On Demand propose une ligne complète de logiciels d'entreprise — dont Oracle Database 10g, Oracle Fusion Middleware, Oracle E-Business Suite, PeopleSoft Enterprise, JD Edwards EnterpriseOne et JD Edwards World — à quelque 300 clients.
Les clients Oracle On Demand bénéficient des nombreux avantages du SaaS. Cette offre en libre-service leur épargne le fastidieux déploiement des correctifs et des mises à jour, tout en leur assurant un accès direct et immédiat aux toutes dernières fonctionnalités et innovations d'Oracle. Peut-être plus important encore : Oracle On Demand offre des coûts logiciels prévisibles dans la mesure où les services sont facturés à un prix fixe par utilisateur et par mois, ce qui permet à l'entreprise de gérer ses dépenses en fonction des volumes d'activité prévisionnels.
Autant d'avantages qui se révèlent déjà payants pour un certain nombre d'utilisateurs. Selon Oracle, la décision de Thermos LLC d'investir dans Oracle On Demand a déjà valu à cette entreprise un bénéfice de 6,2 millions de dollars, soit un taux de retour sur investissement de 222 %. Chez Grupo Posada, les frais administratifs ont chuté de 16 % pour une économie annuelle de 3,5 millions de dollars, tandis que le coût total de possession de ses infrastructures technologiques a baissé de 35 %. Enfin, Agencourt BioScience Corp. a réduit ses coûts de conseil informatique de 66 % et peut désormais se passer d'administrateurs de bases de données et de spécialistes Oracle en interne.
Salesforce.com : conjuguer le potentiel des modèles SaaS et SOA
Le leader du CRM à la demande salesforce.com s'est imposé de facto comme la figure emblématique du modèle SaaS. Depuis sa fondation en 1999, cette société a connu une croissance spectaculaire et compte aujourd'hui 24 800 entreprises et 501 000 abonnés individuels parmi ses clients. Mieux encore, certains des plus grands acteurs industriels, dont ADP, Daiwa Securities, Kaiser Permanente, Nokia et bien d'autres, font confiance à salesforce.com pour la gestion de leurs données client et commerciales les plus sensibles.
Les raisons du succès de salesforce.com ne sont pas surprenantes. C'est en effet la réduction des coûts de possession, des risques liés à l'installation et des délais de rentabilisation qui justifie la confiance placée par les plus grandes entreprises mondiales dans les offres SaaS. Et comme nous l'indiquions précédemment, salesforce.com a pu se permettre de produire 20 itérations de ses applications SaaS en seulement quatre années d'existence et d'implémenter ces mises à jour de façon totalement transparente pour ses clients — leur épargnant ainsi la tâche titanesque consistant à acheter et installer séparément chaque nouvelle version.
L'une des particularités le plus intéressantes de saleforce.com réside dans sa décision d'associer son offre SaaS avec une interface SOA destinée à ses clients, donnant ainsi aux utilisateurs le moyen de personnaliser et d'enrichir le portefeuille de services proposé. L'offre AppExchange récemment annoncée par salesforce.com va encore plus loin dans cette direction en créant un espace hébergé permettant le partage et la construction d'applications composites sur la base de ses produits de CRM.
La possibilité de personnaliser les applications de salesforce.com n'est pas un fait nouveau en soi, mais l'éditeur semble avoir réalisé que l'association de ses stratégies SaaS et SOA lui permettait d'industrialiser et de distribuer le travail d'un vivier apparemment inépuisable de développeurs.
Callidus : renforcer l'efficacité de SaaS via la grille Sun
Callidus Software développe des progiciels de gestion de rémunération incitative d'entreprise (EIM) et de gestion des performances commerciales pour de grandes sociétés figurant au palmarès Fortune 1000. Ses logiciels sont utilisés par des entreprises de toutes tailles pour mieux faire coïncider leurs dispositifs de rémunération avec leurs stratégies commerciales. En 2006, l'éditeur a lancé une version libre-service de son logiciel phare de façon à faire bénéficier ses clients des avantages désormais bien connus du modèle SaaS : investissement logiciel réduit, déploiement accéléré et possibilité de recentrer les ressources informatiques sur le cœur de métier de l'entreprise.
Depuis lors, de grands acteurs du secteur bancaire, des assurances et des télécoms — ainsi qu'une foule d'entreprises de tous types — se sont convertis au modèle de distribution SaaS pour acquérir leur logiciel EIM auprès de Callidus.
J'ai récemment eu l'occasion d'interroger Robert Warfield, DSI et vice-président directeur du développement logiciel de Callidus, sur les raisons qui pouvaient motiver des entreprises d'une telle envergure à déployer le logiciel EIM de Callidus dans un environnement de libre-service. Sans surprise, mon interlocuteur a insisté sur le coût et le temps de déploiement initial :
« Pour un petit noyau de clients, la décision d'adopter le modèle SaaS relève pratiquement de la profession de foi : il sont tout simplement convaincus du bien-fondé du modèle « tout-service ». Mais pour une écrasante majorité de nos clients, il s'agit au contraire d'une décision pragmatique. Les départements informatiques souffrent chroniquement d'une surcharge de travail par rapport à leurs capacités réelles. SaaS leur fournit un moyen d'avancer et de régler des problèmes métier, mais avec un engagement technologique infiniment plus léger que s'ils devaient déployer une solution sur site. »
Au-delà des similitudes avec nombre d'autres entreprises, Callidus affiche toutefois une singularité essentielle : l'offre Callidus On-Demand tourne sur la grille de calcul de Sun. Autant dire que Callidus Software constitue l'exemple même d'un véritable service à la demande mettant à profit plusieurs éléments de la pile technologique de Sun. Le logiciel tourne en effet sur une grille virtualisée avec une base de données et un système d'exploitation open source - l'ensemble étant exécuté sur un serveur à processeurs CMT (chip multithreading) exploitant une couche middleware open source.
Capitaliser sur les immenses ressources de calcul de la grille Sun
Si Callidus a choisi de déployer ses applications SaaS sur la grille Sun, c'est en raison des immenses ressources de traitement nécessaires pour effectuer les calculs relatifs aux ventes et aux rémunérations associées — de l'ordre de plusieurs millions de transactions à exécuter dans un temps très court. La technologie de grille permet à Callidus de créer son infrastructure de service à la demande par une extension transparente de l'architecture de grille dédiée à sa solution sur site.
Conséquence immédiate : les clients de Callidus bénéficient à la fois des fonctions de sécurité de la grille Sun et de sa capacité à traiter en peu de temps un nombre considérable de transactions financières complexes. De son côté, Callidus exploite la grille tout en ne payant que pour la puissance informatique consommée — un avantage dont elle fait profiter ses clients, puisqu'elle leur propose une tarification par salarié, prévisible et constante.
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« En conjuguant la grille de calcul avec les capacités de virtualisation de Solaris 10, nous bénéficions de tous les avantages de l'architecture de multi-hébergement sans subir aucun de ses inconvénients. »
Robert Warfield DSI et vice-président directeur du développement logiciel de Callidus Software
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Parmi les nombreux points positifs de l'utilisation de la grille Sun, Robert Warfield met en avant le fait que les coûts sont totalement prévisibles, ce qui consitue un avantage décisif de cette solution :
« En conjuguant la grille de calcul avec les capacités de virtualisation de Solaris 10, nous bénéficions de tous les avantages d'une architecture de multi-hébergement sans en subir aucun des inconvénients. Nous avons ainsi la chance de pouvoir anticiper sur l'évolution de nos coûts dans un scénario de croissance de notre clientèle, ce qui nous permet de gérer en douceur notre montée en charge. Il s'agit là d'un avantage inestimable de l'architecture de grille virtualisée. »
En conclusion, Robert Warfield voit dans l'avènement des architectures de grille virtualisées un phénomène susceptible de rétablir la concurrence en simplifiant la distribution de logiciel en tant que service et en encourageant l'innovation :
« Avec son infrastructure de grille et ses stratégies de virtualisation, Sun a radicalement changé la donne sur le marché du logiciel. Lors d'une récente visite dans une petite société de logiciels Internet, j'ai ainsi proposé à mes hôtes d'intégrer une option libre-service dans leurs offres — pour m'attirer cette réponse catégorique : "C'est absolument impossible. Nous ne disposons pas d'une architecture multi-hébergement et nous ne pouvons nous permettre de reconcevoir l'architecture de notre produit."
« Il m'a donc fallu leur expliquer que, dans le nouvel univers de grille Sun et de virtualisation sous Solaris qui est le nôtre, ils n'étaient plus obligés d'en passer par une architecture multi-hébergement. Il aurait été impensable de tenir de tels propos il y a seulement deux ans. Cette possibilité nouvelle a radicalement modifié la règle du jeu pour les entreprises qui envisagent de proposer du logiciel à la demande. »
L'avènement de SaaS dans l'entreprise À l'évidence, les propos de Robert Warfield rejoignent parfaitement l'ambition de Sun : devenir l'équivalent d'un Westinghouse ou d'un General Electrics pour le secteur informatique. De fait, Sun fournit déjà un moteur pour SaaS à travers sa pile complète de technologies.
D'ici quelques années, il est tout à fait possible que les grandes organisations n'aient plus besoin ni envie d'acheter une panoplie de logiciels pour couvrir l'ensemble de leurs besoins. Le logiciel d'entreprise deviendrait alors pour elles un simple service fourni via Internet.
À propos de Bill Vass
En tant que président et Chief Operating Officer de Sun Federal Inc., Bill Vass vient seconder le Chairman de Sun, Scott McNealy, qui a pour mission d'aider les organismes gouvernementaux, à relever leurs défis spécifiques, grâce à une approche écologiquement responsable de l'informatique et une offre de produits intégrant une sécurité de niveau militaire — tels que le système d'exploitation Trusted Solaris, les nouveaux outils de gestion d'identité et la toute dernière génération de systèmes Sun Fire et de solutions StorageTek.
Bill Vass occupait précédemment le poste de Chief Information Officer de Sun, où il encadrait tous les aspects du développement, du support et de la maintenance de l'infrastructure informatique mondiale et des applications métier (« line of business ») de Sun, y compris la fourniture des services d'information et la sécurité.
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